Le bois est le support le plus largement utilisé par Laurence Chamagne.
Pour cette peintre figurative les veines du bois, matière vivante, ajoute « une autre dimension à la représentation d’un visage ».
Dans le travail de Laurence Chamagne, le féminin est partout. Dans les sujets qu’elle représente bien sûr, mais surtout dans une sensibilité qui signe toute son œuvre. Pour cette  autodidacte, l’acte de peindre s’est d’abord imposé comme une continuité de l’imaginaire de ses lectures. Peindre pour « prolonger une impression, une atmosphère » pour « interpréter le sentiment tenace que l’on promène parfois avec soi après avoir fermé un livre ». Comme pour retenir ces âmes familières que l’on se construit dans la rencontre littéraire.
Dans sa peinture, il y a quelque chose d’apparemment « lissé ». Pourtant, l’expression de l’être est toujours extrêmement prégnante : Les traits toujours contenus laissent au regard toute la place du vivant. Laurence Chamagne « aplatit » les peaux comme pour comprimer l’être et le rendre plus profond.
Souvent des femmes. Des femmes que l’on devine fragiles ou blessées et qui, revêtues d’audace le temps d’un tableau, deviennent des héroïnes atemporelles qui auraient pris la pause. Un féminin universel qui tient dans un geste, un regard, une posture.
Chacun de ces visages est comme un instant et une éternité à la fois. Comme dans le temps de la lecture où se confondent le présent immédiat du récit avec la mémoire et les traces fondatrices qui nous ont déjà construit.
Nathalie ALBAR.
Auteure, metteur en scène.

 

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